14.05.2008
COUP DE CŒUR
En prologue au tome 2 de ses admirables annales de l’Art, Franco Maria Ricci, le génial éditeur italien, nous parle de Charles Bernard Renouvier, le philosophe qui, en 1876, publia Uchronie (Fayard, 1988). C’est l’histoire imaginaire qui nous raconte la façon dont la civilisation européenne aurait pu se développer si le christianisme, au lieu de prévaloir et de devenir religion d’État, en éliminant les autres, était resté une secte parmi d’autres. Dans sa version, un millénaire d’évolution et de civilisation aurait été gagné et il nous montre comment. Comme le dit FMR, Uchronie est une fable positiviste aussi stimulante que paradoxale. C’est aussi écrit dans une langue qu’il faut se réapproprier pour l’apprécier. Classique, elle est riche, élégante, subtile et épouse le propos parfaitement, étayée par une érudition impressionnante. La démonstration décrit la dérive temporelle d’une théocratie et la façon dont la domination s’est établie, en collusion, en synergie, avec le pouvoir politique et a duré, en oubli total du message christique. Le pamphlet, sans en avoir la forme est d’une violence inouïe et réussit à ne pas verser dans l’anticléricalisme primaire. Son message est actuel puisque revient le temps des religions, des intolérances et de l’obscurantisme.
__________
.15:10 Publié dans COUP DE COEUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Uchronie, religion, secte
08.05.2008
Enfin une bonne nouvelle : les hirondelles sont de retour
Fin août dernier, nos deux couples d’hirondelles étaient partis dans la pluie, le vent, le froid pour le Sud, abandonnant les oisillons de leur troisième nichée. Les circonstances de départ nous avaient laissés inquiets.
Courant avril elles étaient de retour. Plus nombreuses car c’est 4 couples qui nous ont rejoints. Elles ont déjà fini de restaurer les anciens nids. Avec la chaleur et l’explosion du plancton aérien, elles ont repris possession du ciel. Virtuoses de la voltige, elles feraient pâlir de jalousie la patrouille de France. Dès qu’elles se posent sur un fil électrique, le rebord d’une gouttière, leur babillement remplit l’air. Que de choses à dire ! Comme on voudrait les comprendre ! Leur énergie, ardeur, joie de vivre, leur élégance font des autres oiseaux familiers : mésanges, moineaux, rouges-gorges, bergeronnettes des spectateurs bien sages, des picoreurs laborieux aux envolées limitées au plus court, rectilignes, saccadées. Ils n’ont rien de commun avec ces étoiles filantes, venues d’ailleurs, s’activant entre deux voyages au long cours. Elles paraissent aussi contentes de nous voir, ces enchantées, que nous le sommes de leur présence, nous, les enchaînés.
__________
21:09 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Hirondelles
28.04.2008
QUESTIONS IMPOSSIBLES
La conférence de presse du président Sarkozy ne s’inscrira pas dans l’Histoire. Il avait peu de choses à dire car les faits parlent d’eux-mêmes. Ma surprise est venue des journalistes et des questions qu’ils n’ont pas posées. Connivence ? Indifférence ? Incompétence ?
J’ai été surpris de ne pas entendre poser les questions suivantes :
1/ La volonté de faire revenir la France dans le Haut commandement de l’OTAN est en rupture complète avec la politique étrangère de la France depuis de Gaulle et 1966. Elle marque un alignement sur les États-unis. Pourquoi n’en avez pas averti les Français durant votre campagne ? Pourquoi cela ne fait-il pas l’objet d’un débat au Parlement ?
2/ Vous avez dit considérer le droit de grâce du président comme un reliquat de l’Ancien Régime et ne pas être d’accord avec son principe. Décider seul de l’envoi de renforts en Afghanistan, n’est-ce pas faire preuve d’un pouvoir absolu qui doit tout à la monarchie et rien à la démocratie ?
3/ Lors de vos rencontres avec les partenaires européens vous n’êtes pas avare d’embrassades, d’accolades, de poignées de main, de regards ravis mais, si la forme est spectaculaire, très médiatique, pourtant vous donnez l’impression que nous n’avons pas de politique européenne. Quelle est-elle ?
4/ Vous continuez de dire qu’avec vous la France après 50 ans d’immobilisme a enfin trouvé l’homme qui allait la remettre au travail et l’engager dans le 21ème siècle. Soit, mais la constante est, en France, que les réformateurs se réforment très vite, vous le premier :
- les propositions de Monsieur Attali sont – apparemment – enterrées. Vous n’en parlez pas ;
- il a suffi que les taxis manifestent pour que vous décidiez que la profession resterait en l’état ;
- la diminution de la dette va dépendre du départ à la retraite des fonctionnaires non remplacés ; et, pendant ce temps, vous continuez de l’augmenter.
5/ Qu’en est-il de votre engagement auprès des ouvriers de Gandrange ? Tiendrez-vous cette promesse ? Si non, dites pourquoi.
Etc., etc.
Ces journalistes, confrontés au pouvoir, en disent long sur la profession.
__________
17:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







