« 2007-07 | Page d'accueil | 2007-09 »
25.08.2007
La philosophie du Chasseur Français : titre de la page de couverture : "Nuisibles, en venir à bout"
Monsieur,
Vous m’adressez un exemplaire-test du Chasseur Français pour m’inciter à m’y abonner.
Malheureusement votre titre et la photo de couverture traduisent trop bien la philosophie de votre revue pour qu’elle puisse susciter la moindre envie.
Vous déclarez en effet la guerre à ce que vous appelez des « nuisibles » selon une terminologie d’un autre âge, d’une autre époque. Pour vous la martre, le lapin, le putois, la taupe, la corneille et autres corvidés sont des bestioles à éradiquer parce qu’ils pilleraient les élevages, ravageraient les cultures, voleraient des fruits et commettraient quelques autres larcins.
Ainsi ce sont des animaux indésirables pour vous qui vous proclamez par ailleurs ami et respectueux de la nature.
Est-ce de la démagogie, de l’inconséquence ou simplement de la bêtise ?
Les seuls nuisibles que je connais dans la campagne sont le chasseur et le paysan.
Le premier parce qu’il pollue la nature de ses cris, de ses coups de fusil et de ses crimes, lui qui assassine tout ce qui bouge pour satisfaire, selon vous, son amour de la vie sauvage mais en fait pour donner libre cours à sa haine de ce qui est plus beau que lui.
Le second, qui n’a de cesse de polluer l’eau de mon puits par ses engrais, l’air que je respire par les odeurs de lisier qu’il produit et répand en quantité industrielle et l’eau, l’air, la terre par sa chimie imbécile avec laquelle il inonde ses cultures. Le pourcentage de cultivateurs intelligents, responsables est trop infime pour compenser la multitude des autres. Je ne parle pas du massacre des haies qui se poursuit.
Voilà ce que je vis dans mon coin de campagne. Et vous, vous en rajoutez en demandant en plus qu’on extermine les « nuisibles » ! Mais ils ont déjà disparu, soyez rassuré. Je n’ai jamais rencontré de martres, de putois. Même les lapins sont rares. J’aimerais partager avec eux les fruits de mon verger et ils ont autant le droit que vos amis chasseurs de chasser. Eux, c’est pour vivre et non par sadisme.
Voilà ce que je pense de vous et de votre revue.
Sentiments attristés,
__________
15:40 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nuisibles, massacre, chasseurs, pollueurs, paysans
Suite Télérama
Mon abonnement venant à échéance, vous m’engagez fort aimablement à le renouveler.
Avant de prendre ma décision, j’aimerais que vous intercédiez pour que j’aie une réponse à deux questions concernant le contenu de votre revue :
1° Pourquoi Télérama, qui se veut une revue culturelle, a-t-elle des prétentions politiques ? Qui veut-elle concurrencer ?
2° Pourquoi quand votre revue donne la parole à ses lecteurs est-ce pour leur donner l’occasion d’exprimer leurs idées politiques dans le style du Canard enchaîné et non pas pour qu’ils puissent manifester leur accord ou leur désaccord sur le contenu culturel de Télérama, critiquer vos critiques ? Avez-vous peur de leur opinion ? Est-ce bien raisonnable de se dire de gauche et de censurer ses lecteurs ?
Je me demande seulement si ces deux questions - qui doivent agiter furieusement votre rédaction - ont déjà reçu en interne une réponse.
Avec mes sentiments les meilleurs,
_______________
15:35 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Télérama, abonnement, critique, silence
Hirondelles, hirondeaux
Chaque année, j’attends le retour des hirondelles avec impatience et inquiétude. Aurons-nous encore le plaisir de leurs cris, de leur sarabande, de leur virtuosité, de leur dynamisme, de leur beauté.
Elles furent deux couples à revenir s’installer, à prendre leur aise, à accepter notre présence : l’un dans l’atelier, l’autre dans la grange. L’année dernière elles étaient plus nombreuses (5 nids). Les pertes lors de leur terrible voyage dans le sud sont énormes. Combien d’aventures, d’orages, de tempêtes, de souffrances ont-elles subies ?
Les rescapées qui reviennent sont des héros, des héroïnes dont les exploits surpassent tout ce que l’on peut imaginer.
Nos deux couples eurent deux nichées menées sans encombre. Une troisième fut mise en route début août et, mardi, ils étaient 4 petits becs dans mon atelier qui réclamaient encore avec impatience et vivacité leur pitance. Les parents répondaient comme d’habitude à leur fringale. Je m’absentai de mardi midi à mercredi soir. A mon retour, un hirondeau était au sol, mort. Je voyais encore des becs noirs dépasser du nid mais aucun ne bougeait.
Jeudi matin je me suis rendu à l’évidence. Il n’y avait plus d’hirondelles dans le ciel. Les oisillons dans le nid étaient morts, de faim, de soif, de froid. Dans la grange j’en découvris 2, également morts. Les parents avaient pris déjà le grand départ, poussés par une nécessité plus forte que le besoin de nourrir les jeunes encore au nid. Il leur manquait peu pour le premier vol car les trois semaines d’élevage étaient presque terminées. L’abandon du nid, des jeunes par les hirondelles au moment de la migration est classique mais en faire le constat soi-même rend triste et rappelle la dureté de la vie sauvage.
On peut aussi craindre le pire pour les hirondelles adultes et jeunes qui sont parties ces jours là car le temps était exécrable avec pluie, vent et refroidissement. Ces conditions climatiques sont les pires pour commencer un vol au long cours. Comment se nourrir car les insectes volants dont ils se nourrissent disparaissent de l’air et où se protéger en pays inconnu, hostile ? L’hécatombe a déjà commencé. Combien reviendront partager notre vie pendant plusieurs mois en 2008 ?
__________
15:35 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hirondelles, migration, abandon, tristesse








