<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Le journal politiquement incorrect - europe_politique</title> <description>Le journal politiquement incorrect</description> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/europe_politique/</link> <lastBuildDate>Fri, 29 Aug 2008 04:09:57 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2007/04/21/l-impossible-europe-politique.html</guid> <title>L’impossible Europe politique</title> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2007/04/21/l-impossible-europe-politique.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Daniel CHARRIER)</author>   <category>Europe politique</category>   <pubDate>Sat, 21 Apr 2007 14:25:00 +0200</pubDate> <description> &lt;em&gt;A l’occasion du 50ème anniversaire du Traité de Rome de longs commentaires ont essayé d’expliquer la panne actuelle qui bloque l’Union européenne. Les raisons classiques ont été invoquées et rien de nouveau n’est venu éclaircir l’horizon. Pour nous, le marasme actuel ne fait que traduire la perte de désir des français mais aussi de beaucoup d’autres pour une Europe politique. &lt;br /&gt;
Cette perte de désir est la conséquence d’une double convergence : vieillissement de la population qui a passé l’âge du mariage et fascination des plus jeunes pour un modèle qui ringardise l’Europe. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cinquantième anniversaire du Traité de Rome a été l’occasion de refaire l’historique des grandes étapes de la construction européenne. Ce cheminement laborieux force l’admiration tant les obstacles furent nombreux et toujours surmontés. &lt;br /&gt;
L’élan qui a permis la mise en commun des intérêts marchands est aujourd’hui retombé et si l’Europe continue de s’élargir elle ne s’approfondit plus. L’étape suivante qui devait être la création d’une fédération, d’une confédération, d’une union d’États paraît impossible car les nations européennes ne sont pas prêtes à abandonner ce qui fait leur identité nationale : politique étrangère, défense nationale, impôts, droits sociaux, etc. &lt;br /&gt;
Seul un amour fusionnel aurait permis de franchir ce seuil idéal où chacun abandonne pour l’autre son indépendance, ses intérêts, ses égoïsmes, ses habitudes au profit d’un avenir plus grand.&lt;br /&gt;
Ce transport d’enthousiasme et d’espoir dans l’avenir qui fait basculer l’histoire est celui qui anime les révolutionnaires au moment où se fait la révolution. Il n’est pas près de soulever les européens pour l’Europe politique. &lt;br /&gt;
Ainsi ce qui devrait être une étape est devenu une fin. &lt;br /&gt;
Les citoyens européens sont trop vieux pour vouloir davantage. La passion n’est plus de leur âge et il en aurait fallu beaucoup pour créer ce nouveau pays. &lt;br /&gt;
La faute en est à la démographie qui fait et fera de l’Europe un espace de plus en plus déclinant. Les gérontes n’aspirent qu’à la tranquillité, au bien-être, aux loisirs, à la paix. Ils ont transmis à leurs héritiers, quand ils en ont, le même projet de vie. &lt;br /&gt;
Une ambition aussi limitée s’accommode très bien de l’Europe que nous connaissons en 2007 : celle du libre-échange. Elle a apporté la prospérité et étale ses bienfaits à tous ceux qui le veulent. Pourquoi vouloir davantage? &lt;br /&gt;
Le vieillissement de la population sonne peut-être le déclin même de ce marché commun car la vieillesse est aussi l’âge de l’égoïsme et l’avenir est peu prometteur. La perspective d’autres adhésions fait peur car ce sont peut-être de nouveaux clients mais aussi de futurs concurrents. &lt;br /&gt;
Cette absence de désir pour une Europe politique ne tient pas seulement au vieillissement et à une perte de vitalité qui anesthésierait les européens. Complémentaire ou principale l’autre raison est tout autant fatale. Le rassemblement autour d’une idée, celle d’une Europe puissance autonome aurait exigé qu’une de ses nations cristallise sur elle le rêve des européens. Ils y auraient vu un modèle, un leader. Lequel d’entre eux pourrait, aujourd’hui, avoir cette prétention, être ce moteur? Chacun traîne, aux yeux des autres, d’un lot d’handicaps et de défauts qui le rendent plus répulsif qu’enviable. &lt;br /&gt;
Les européens ont trouvé ailleurs ce pays idéal qui réunit tout ce qu’ils voudraient être et avoir : les États-unis d’Amérique. &lt;br /&gt;
Jeune, puissant, fier de montrer sa force, il n’a peur de rien, il croit en lui-même et se veut le meilleur des mondes. Son histoire est tragique mais il ne se repent de rien : génocide des indiens, esclavage, Hiroshima, discrimination raciale, pollution, prisons, couloirs de la mort, crime organisé, démocratie exportée par ses agences d’intelligence ou imposée par des tapis de bombes… Rien ne saurait atténuer sa séduction. &lt;br /&gt;
Son mode de vie, l’esprit d’entreprise, les succès technologiques, les prix Nobel (en 2006 tous les Nobel scientifiques sont américains), la conquête des étoiles, Hollywood en font un pays de cocagne où tout est permis tout est possible. Désirable, mais aussi désirant il attire tous ceux qui, ailleurs, ont des idées, des projets. Les chercheurs sont accueillis à bras ouverts et bien rémunérés dans les laboratoires. Les cadres peuvent faire des carrières fulgurantes.  Les créateurs y trouvent les financements dont ils ont besoin Les entrepreneurs sont courtisés par les banques et les administrations leur facilitent la tâche… Bill Gates, Steve jobs auraient-ils pu être français ? &lt;br /&gt;
Notre avenir s’y prépare et nous attendons avec quelques années de retard que le progrès nous rattrape. &lt;br /&gt;
La réussite à la portée de tous ceux qui le veulent, le sens de l’innovation, la créativité, la réactivité sont les images que donnent les États-Unis et les seules qui sont retenues. Si cette Amérique-là effraie les couches âgées de la population, elle fascine les plus jeunes, les plus entreprenants, ceux dont l’idéal n’est pas la fonction publique et qui auraient dû être les moteurs de l’Europe politique.&lt;br /&gt;
Comment pourrait-il en être autrement quand notre modèle affiche conservatisme, corporatisme, avantages acquis, lourdeurs administratives, impôts dissuasifs, honte de l’argent, etc. ? &lt;br /&gt;
Face au mirage et aux miracles américains l’Europe ne fait pas le poids pour les nouveaux arrivants. Ils plébiscitent l’Europe parce qu’ils en reçoivent les subsides. Mais encore plus que les anciens leurs cœurs et leur esprit sont outre-atlantique. Ce qu’ils écoutent est toujours la Voix de l’Amérique. &lt;br /&gt;
L’évocation de l’empire américain, de l’empire chinois, du futur empire indien donnent à la conversation un ton de gravité respectueuse et craintive. La possibilité d’un empire européen rival et tout aussi entreprenant ne sera pas soulevée. &lt;br /&gt;
Cette réalité sociologique et culturelle mérite d’entrer dans l’explication du manque d’appétit des uns et des autres pour une Europe politique. Elle n’est pourtant jamais discutée dans le débat habituel. Trop subjective, trop irrationnelle ? Aussi incorrecte soit-elle, pourra-t-on éviter de la prendre en compte si l’on voulait vraiment continuer de bâtir l’Europe ? &lt;br /&gt;
Daniel CHARRIER &lt;br /&gt;
21 Avril 2007 </description>  </item>  </channel> </rss> 