Le fils du dieu de l'orage

Le fils du dieu de l'orage

Auteur : Arto PAASALINNA

Editeur : folio

Année : 2007

Je poursuis ma découverte de la bibliographie de l’écrivain finlandais Arto Paasalinna. Après « Petits suicides entre amis », « Le lièvre de Vatanen », « La forêt des renards pendus », « Prisonniers du Paradis », « La douce empoisonneuse », je termine « Le fils du dieu de l’orage ». Comme tous les autres ce livre est un régal : humour, cynisme, décontraction, sensibilité, profondeur. Cet écrivain, dans un style d’une grande simplicité, sans arrogance mais avec une verve étonnante décrit l’humanité sans complaisance, avec un désenchantement qui chez lui n’exclut pas la jubilation. Le mélange très original devient extraordinaire dans « Le fils du dieu de l’orage ». Il nous raconte la venue sur terre du fils d’une des anciennes divinités finlandaises, chargé de faire renaître l’ancienne foi, abandonnée au profit du christianisme. L’odyssée de ce fils du dieu de l’orage, obligé de se faire homme associe truculence et réflexion. Ce n’est pas un pamphlet anticlérical ou une parodie mais une satire pleine de situations cocasses. L’un des messages mérite d’être entendu.
Le héros, décidé à revivifier les anciennes croyances conclut à la nécessité de demander à ses fidèles de respecter des commandements, à l’instar de ceux que Moïse avait reçus.
Le troisième nous paraît mériter un commentaire. Il dit « Protège la vie ». Il ne limite pas son ordre à la protection de la vie humaine mais l’étend à la nature et demande le respect des plantes, des animaux, des rivières, des forêts, de la terre, de l’air, du vermisseau. Il promet le pire à celui qui enfreindrait la règle.
Paasalinna rêve donc d’une religion qui mettrait l’écologie au rang de vertu cardinale. C’est un sermon que je n’ai jamais entendu de toutes ces religions qui se prétendent l’oracle de Dieu et qui curieusement, se moquent du martyr que les hommes font subir à la terre.
Comment prétendre servir un maître en feignant d’ignorer que son œuvre est en train d’être détruite ? Cet aveuglement prouve au moins que l’esprit écolo n’inspire pas les papes.
Gloire à Rutja et à Ukko Ylijumala son père.

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