<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Le journal politiquement incorrect - miscellanees</title> <description>Le journal politiquement incorrect</description> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/miscellanees/</link> <lastBuildDate>Fri, 29 Aug 2008 04:14:13 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/08/21/un-instrument-a-vent-a-effet-de-serre.html</guid> <title>UN INSTRUMENT À VENT, À EFFET DE SERRE</title> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/08/21/un-instrument-a-vent-a-effet-de-serre.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Daniel CHARRIER)</author>   <category>Miscellanées</category>   <pubDate>Thu, 21 Aug 2008 22:35:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Chez un bouquiniste d’un quai de la Seine, je trouve, un jour, Curiosa, une petite revue de 2è rayon, depuis longtemps disparue. Pour ne pas aggraver l’indécence ambiante et contenir l’ordre public dans le désordre que vous connaissez, je retire aussitôt du commerce, pour une somme modique, cet opuscule licencieux. L’âme et le corps blindés par 30 ans d’apostolat au service de l'humanité décatie, je me plongeais derechef dans l’étude des cas cliniques éloquemment exposés et plaisamment illustrés. Un des articles, je m’en souviens, parlait de la pétomanie dans son expression artistique. Cet art musical fort prisé de nos aïeux a disparu aujourd’hui victime de l’évolution des goûts, d’un changement alimentaire et, aujourd’hui, des écologistes radicaux qui prétendent qu’il nuit à la couche d’ozone.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Maiandra GD&quot;&gt;Je rangeai cet illustré désuet dans mon cabinet des curiosités. Son souvenir fut réactivé par l’additif opportun fait par Gasty en juin dernier à la série remarquable d’articles de Don Léon sur les instruments insolites. Musicologue que je déclare d’utilité publique, Gasty le magnifique comblait un oubli en attirant l’attention sur un instrument - certes primitif car remontant à la genèse de la vie mammiférique - mais dont l’universalité ne peut être niée. Avec une technicité qui n’excluait pas la délicatesse, il remettait à sa place l’instrument injustement écarté. Des censeurs n’aimant pas la World music l’ont écarté des colonnes du média citoyen (Agoravox). Les vrais mélomanes furent chagrinés par cet ostracisme malsonnant. Pour ma part, impressionné par le courage qu’il a fallu à Gasty pour sortir de l’oubli et aussi de l’opprobre, avouons-le, l’instrument, j’avais tenu à le remercier en apportant une contribution certes modeste mais autorisée par une expertise ancienne sous forme d’un témoignage que je tiens à la disposition de Mireille Dumas. J’y exprimais tout ce que j’en sais et puis en dire&amp;nbsp;:&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je me permets d’ajouter quelques compléments à votre belle défense et illustration. Autoportable, il ne se fait pas remarquer. C’est aussi le seul instrument qui permet de s’applaudir soi-même. Un détail peu connu&amp;nbsp;: il a failli connaître la gloire avec Karajan à la Philharmonique. Il avait voulu introduire, dans les instruments à vent, un pétomane à la sonorité exceptionnelle. Le syndicat des grosses caisses refusa. Lé méthane dégagé aurait perturbé les vibrations du xylophone. L’artiste repoussé sombra dans les drogues dures. Le charbon de Belloc lui fit perdre son talent. On n’en entendit plus parler.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Mitzou-Mitzou, des Nuls, avait réussi à rendre populaire et montrait - en gros plan – le musicien au travail. On se rendait bien compte que seul un artiste complet peut y réussir. L’effort s’accompagne d’une mimique expressive qui épouse toutes les subtilités de la partition. Ce doit être un athlète car l’effort exige des abdominaux d’acier. C’est aussi un instrument capable de tout&amp;nbsp;: à l’opéra, à lui seul il simulera l’orage dans tous ses vibratos&amp;nbsp;; dans le lieder, il enrichira le piano car, parfumé éventuellement à la marjolaine, il enveloppera l’atmosphère de la suavité romantique qui incline à l’abandon des sens.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;J’aurais aimé pouvoir l’opposer au rot, son équivalent antipodien. Cette éructation mal sonnante, émanation délétère d’un estomac maladif. Bref, incongru, involontaire, remarquez le petit «&amp;nbsp;Oh pardon&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» confus qui le ponctue, les doigts sur la bouche pour l’étouffer, à l’opposé de la mine satisfaite, joviale, détendue et le soupir d’aise qui conclut la partition réussie.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Mais le temps presse et je dois m’interrompre, appelé par une répétition urgente.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Votre dévoué…etc&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/04/09/l-ipiop.html</guid> <title>L’IPIOP</title> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/04/09/l-ipiop.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Daniel CHARRIER)</author>   <category>Miscellanées</category>   <pubDate>Wed,  9 Apr 2008 18:55:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Un ami m’a appelé un soir. Méfiant par précaution, il me demanda, déguisant sa voix par habitude&amp;nbsp;: - &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Qu’est-ce que cet Institut dont j’entends parler pour la première fois et qui donne des sondages avec une précision à double virgule&amp;nbsp;? Moi qui suis bien renseigné par profession, j’ai été incapable de répondre aux questions de la Direction. Elle est très agitée car ton Institut intéresse furieusement qui tu imagines. Qu’est-ce que tu peux m’en dire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Une nouvelle fois je venais de foutre le bordel. Non seulement je révolutionnais le monde de l’Édition par une initiative dont il n’était pas sûr qu’elle se relèverait (Cf. «&amp;nbsp;Une grande cause nationale&amp;nbsp;»), mais, dans le même temps, j’inquiétais au plus haut niveau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;- «&amp;nbsp;Cher ami, ravi de t’entendre. Viens à la maison, je vais t’expliquer&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Un hélicoptère furtif du GLAM se posa deux heures plus tard, à l’ombre de la grange, sans réveiller le poulailler. Mon ami en descendit, rasant les murs, entra par une porte dérobée et s’assit, soupirant d’aise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style=&quot;font: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ça fait plaisir de te revoir&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;. Moi, je ne change pas, je me reconnais sans effort. Mais lui, alors, méconnaissable. Son nez plutôt retroussé était devenu d’aigle. Rouquin, il était noir ébène. De teint plutôt palot, il avait la peau bistre, la barbe longue, les yeux noirs. Seule la voix était restée et la manière de vous serrer la main. Il la laissait pantelante, les métacarpiens fracassés. C’était bien lui. Il confirma.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style=&quot;font: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;«&amp;nbsp;T’inquiète&amp;nbsp;! Je reviens d’une mission en immersion dans les rues de Kaboul&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Je commençais, comme à l’habitude, par mon cordial spécial pour ami à la peine. Je redoublai le traitement pour faire cesser son tremblement, une conséquence sans doute d’un excès de thé noir dans les tchaikanas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Il enchaîna&amp;nbsp; direct: - &lt;i&gt;«&amp;nbsp; C’est quoi ce truc&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Je riposte, toujours avide d’une conversation entre amis&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;- «&amp;nbsp;L’histoire est longue, t’as 5 minutes&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;L’IPIOP vient de loin mais sa création est récente. C’est un dissident de l’EMA qui l’a crée. Tu comprends déjà tout. L’EMA, l’école interdite, la crème de la crème, les surdoués de nos petits génies. Les recalés pantouflent à Polytechnique ou à Normal Sup. Chez eux, les supercalculateurs font grève, dégoûtés. Ce sont des extraterrestres, des extralucides. On leur doit tous nos succès et depuis longtemps&amp;nbsp;: super phénix, les avions renifleurs, la piste de décollage du Charles de Gaulle, les abattoirs de la Villette, Malpasset, Beaubourg, la voie sur berges, la tour Montparnasse. Ils conseillent Sarkozy depuis peu. Bush les réclame. Ils sont capables de tout, ne doutent de rien, calculent tout, prévoient tout. Ils n’auront jamais de Nobel. Ils ne publient rien. Secret défense.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Tu sais que nous, les français on a le gène des mathématiques. On s’y illustre depuis l’antiquité. Tu vas me demander comment ça se fait ? Moi, par exemple, je m’y intéresse depuis toujours. Dès la onzième je maîtrisais la règle de trois. Je laisse mon esprit prendre la tangente. Je dérive à tout va et ne m’en laisse pas compter. Tu connais notre éducation nationale. Avide de résultats, faisant de la réforme continue sa règle de vie, elle démarre l’initiation aux maths dès la maternelle. Les assistantes ont reçu la formation idoine. Elles ont toutes, en plus de leurs aptitudes à changer les couches, à donner le biberon, un master en arithmétique. Les bambins et les bambines, dès leur sevrage apprennent à compter avec leurs menottes potelées et savent très vite que 1 + 1 font 2&amp;nbsp;; que papa plus maman c’est un couple. Le stade de primaire devient rapidement élémentaire car on n’a pas de temps à perdre.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;C’est le temps des additions, des multiplications, des divisions. Les soustractions, plus traumatisantes car apportant – quelque part – une frustration, sont abordées un peu plus tard. Tout commence par une réflexion sur le 2. 2 + 2 = 4&amp;nbsp;; 2 X 2 = 4. La compréhension est rapide. Une fois le concept accepté, aucune église ne s’y oppose, aucune communauté ne se sent outragée. L’invention est Arabe. Cela aide beaucoup. La division par 1 pose un problème. On ne peut le cacher. 1 divisé par 1 fait toujours 1&amp;nbsp;; multiplié par 1 fait encore 1 mais pourquoi 1 X 0 fait 0&amp;nbsp;? Où passe le 1&amp;nbsp;? Ce casse-tête a un mérite. Il permet une première orientation. Ceux qui refusent l’obstacle sont dirigés avec délicatesse, sans leur enlever leurs illusions vers des options où la réflexion mathématique n’est pas concernée. L’ENA pour eux est un garage accueillant. Leur incapacité à soustraire, additionner, diviser, trouve là à s’exprimer et plus tard on leur devra nos déficits, nos dettes, nos budgets en déséquilibre et Bercy en faillite.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Les autres, heureusement plus nombreux, vont dans les filières d’avenir où il faut savoir compter, mesurer, établir un devis, calculer les forces de traction, de résistance, doser, calibrer. Ils feront d’excellents charpentiers, maçons, plombiers, tailleurs de pierre, etc.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Débarrassés des idiots congénitaux, nos élèves abordent les mathématiques supérieures. S’ils maîtrisent le calcul différentiel des intégrales dérivées, les classes préparatoires à Polytechnique sont pour eux. Qu’ils en sortent à la botte ou au képis, ils intégreront, en rang serré, l’INSEE, une centrale d’achats, l’inspection des finances, un consortium d’eaux usées et sales, etc. Ceux qui auront su ne pas trop se fatiguer en raves parties, en rallyes dans le 16è, ou en mauvaises habitudes, finiront dans le front office d’une banque de la place de la Bourse ou dans la back room d’une autre du Marais.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Tout ça pour te dire que ceux dont je viens de parler ne sont pas concernés. Seuls ceux avec la cervelle surdimensionnée par un lobe fronto-pariétal surnuméraire dédié aux mathématiques nous intéressent. Ils sont faciles à repérer avec leur protubérance occipito-frontale, une espèce de petite banane du genre fressinette que la vulgate appelle la bosse des mathématiques et que, pour les paléontologues, serait un souvenir du crétacé. Ce sont eux qui vont se retrouver à l’EMA, (l’École de Mathématiques Appliquées). Ils y mathématisent un niveau qu’ils sont les seuls à comprendre. Pour eux c’est une tour d’ivoire, pour nous une tour infernale. Quelques uns s’en échappent, cessent de calculer, se remettent à penser et, comme il faut bien vivre, font travailler les autres.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;De là sort l’IPIOP, ce concept New Deal pour un New World. Sa précision extrême permet la double virgule. Tu sais bien qu’un sondage est une somme de mensonges. Il faut aller dans le sens du client qui cherche surtout à se rassurer. On interroge un panel représentatif mais qui répond ce qui lui passe par la tête&amp;nbsp;; soit il veut faire plaisir&amp;nbsp;; soit emmerder. Mais surtout pas dire ce qu’il pense, surtout que le plus souvent il ne sait que penser. Il n’a plus l’habitude. Le sondage est un simulacre qui convient à tout le monde. L’argent est bien dépensé, bien gagné et fait tourner la machine. Même les sondés sont contents, eux qui attendent les résultats pour savoir ce qu’ils devront faire ou croire.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Avec la perception intuitive on est passé dans une autre dimension. On pose toujours des questions, le recueil se fait par contact direct, en chair et en os, car ce qui compte ce n’est pas la réponse mais la façon et la réaction à l’interrogation&amp;nbsp;: la mimique, les temps d’hésitation, l’accélération du cœur, la transpiration, le regard qui erre, les rides au front qui se font, se défont, les lèvres qui s’agitent, même pour ne rien dire, les dandinements des pieds, les mains qui bougent. Tout importe, tout est analysé, disséqué, transformé en paramètres à valeur variable, en équations à multiples inconnues. Et, de l’apparence, on extrait la vérité. Tout est enregistré par une caméra multifonction: son, image et le reste. Un logiciel super pointu mouline les données. Rien à voir avec le vieux détecteur de mensonges des amerloques car il y a un plus qui fait appel à la nanotechnologie dont on ne sait rien et qui fait la différence. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Te voilà aussi renseigné que moi. Les possibilités sont immenses, effrayantes. On ne lave pas le cerveau, on l’essore&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Surpris, content, inquiet, mon ami se leva, remercia, s’envola. Dans une carte postale reçue hier, il me dit qu’il a repris du service à un arrêt de bus à Kaboul. Son rapport a été très mal accueilli. On ne veut surtout pas connaître ce que pensent réellement les gens, la vérité étant trop dangereuse. Il me dit en post-scriptum de ne pas m’inquiéter pour lui&amp;nbsp;; même si le terrain est miné, il y est plus à l’aise que dans son bureau à Paris.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;__________&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/04/06/la-memoire-hantee.html</guid> <title>LA MÉMOIRE HANTÉE</title> <link>http://journalpolitiquementincorrect.blogspirit.com/archive/2008/04/06/la-memoire-hantee.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Daniel CHARRIER)</author>   <category>Miscellanées</category>   <pubDate>Sun,  6 Apr 2008 15:55:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j’ai l’impression d’habiter depuis longtemps chez moi-même, dans une maison de famille, d’enfance, pleine de souvenirs qui ne me quittent pas où que j’aille, quoique je fasse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Plus le temps passe, plus ils s’accrochent. Le grenier déborde, avec des malles pleines de jouets cassés, de soldats de plomb sans tête, de raquettes tordues, de vélos sans roues, de livres roses, verts, en vrac, écornés, de vêtements troués. Les débris d’une époque disparue, des ombres. Mais il suffit de les regarder, d’y penser pour que tout revienne, la piste redevient fraîche, familière. Et avec elle, toutes les excitations, les découvertes, les déconvenues, les bonnes, les mauvaises rencontres sortent de leur placard comme un diable de sa boîte. Les couleurs s’avivent, les trous se bouchent, les pages s’animent, les roues tournent, les soldats marchent au pas.&amp;nbsp;Tout reprend vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;D’autres pièces sont encombrées de meubles anciens, de vieux tapis, des tableaux, des lustres, des choses dont je n’ai plus l’usage. Elles sont déglinguées, mitées, les couleurs sont passées, les souris se sont régalées. Achetées sur un coup de tête, une publicité mensongère, un conseil d’ami, elles m’ont coûté cher. Heureusement, dans beaucoup d’autres il y a des objets inusables, quasi neufs et que je ne céderais à aucune brocante. Surtout des albums de photos jaunis, les corps sont guindés, les visages un peu flous. J’ai du mal à donner des noms. Quel jour le petit oiseau est sorti&amp;nbsp;? Mais il suffit de regarder et la scène se rejoue, en noir et blanc, sans le son. C’est dans ces temps d’inventaire que je me dis qu’il faudrait faire le ménage, un tri sévère. Évacuer toutes les vieilleries, faire place aux nouveautés, changer de décor, une rénovation de la cave au grenier est urgente. L’opération est bien nécessaire. Les parquets sont vermoulus, les portes ne ferment plus, les gonds grincent. On voit mal à travers la pénombre, les toiles d’araignées. Des portes refusent de s’ouvrir, malgré tous mes efforts.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;A quoi cette pièce pouvait bien servir&amp;nbsp;? Il n’y a pas d’ampoules au lustre. Les papiers sont indistincts. Tout y baigne dans un brouillard poussiéreux. Il y fait froid. Le genre d’endroit à passer à côté. La cuisine, elle, reste accueillante. J’y sens encore toutes les odeurs des tartes, des crèmes au chocolat, du pain perdu, des crêpes, des beignets, des confitures, j’entends coudre la machine. Mais on ne peut pas passer son temps à cuisiner. Il faut faire la vaisselle, l’essuyer, la ranger et s’occuper des choses moins appétissantes. Aller dans le garage, l’atelier, le débarras. Des trucs marrants y sont encore suspendus. On les reprend en mains avec plaisir. Des ciseaux à bois coupent toujours, des marteaux pourraient frapper si on en avait encore l’envie et la force. Beaucoup d‘objets sont rouillés, cassés, des pointes tordues, des boulons sans écrous, des limes toutes lisses et des machines ont rendu l’âme depuis longtemps. Elles encombrent, pourquoi sont-elles toujours là&amp;nbsp;? Elles ont fait leur temps. Elles devraient avoir quitté les lieux pour la décharge. Mais elles sont trop lourdes, rivées à l’établi, au sol. Incrustées, elles n’en démordent pas. Elles sont chez elles. Elles ont bien travaillé et gagné le droit à une retraite qu’elles revendiquent en paix. Vaincu, je les laisse à leur abandon.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Le gros œuvre tient encore mais pour combien de temps&amp;nbsp;? La poutre maîtresse fléchit. Les termites sont au travail. La toiture part en lambeaux. On aperçoit le lattis. L’enduit est décrépi. Il y a plein de rides et de fissures sur la façade du devant. Les canalisations fuient. Les soudures ne tiennent pas. J’ai essayé les nouveaux tuyaux, du polypropylène mais ils ne collent pas sur les anciens en cuivre et ça recommence à goutter. Même l’installation électrique n’est plus aux normes. Ça disjoncte sans arrêt et on est obligés de s’éclairer à la bougie. La nuit, on a l’impression de voyager en terre étrangère. Non, je vous le dis, cette maison a décidé qu’elle ne voulait plus de moi et qu’elle n’en pouvait plus. Il aurait fallu l’entretenir, soigner ses maladies, la ravaler, changer les huisseries, remettre de nouvelles ardoises, refaire les canalisations, les parquets, installer une domotique, une télésurveillance. Tout est en magasin, chez Leroy-Melin. Il suffit de changer de rayon, c’est à la portée d’un bon bricoleur. Mais, faire du neuf avec du vieux, est-ce bien raisonnable&amp;nbsp;? &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;Le chantier ne démarrera pas, même si la tentation est forte. Il est trop tard. Les maçons, couvreurs, plâtriers, plombiers iront ailleurs. Ici, ils joueraient les poseurs d’emplâtres sur une jambe de bois. Son temps est passé. La baraque est invendable, bonne pour la démolition&amp;nbsp;; rien à récupérer, pas un meuble de style, pas une dent en or. Les éboueurs arrivent, je peux vider mon sac avant de le poser. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #a50021; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;________&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  </channel> </rss> 