28.02.2008
Portrait à l’encre sympathique
Challenges aime dresser des portraits en forme d’Arc de triomphe aux grands de l’économie, de la finance, des médias. Le héros n’a généralement pas à se plaindre du traitement. L’image est saint-sulpicienne. La plume, trempée dans l’encre sympathique, n’empêche pas de voir les ficelles grosses comme les cordes de la publicité rédactionnelle.
La révolte récente des petites mains des grandes surfaces qui n’arrivent pas à vivre avec leurs salaires de misère m’a donné envie de relire l’article que le magazine avait consacré le 10 janvier dernier à Jean-Charles NAOURI, PDG de Casino.
A la première lecture, rapide, je n’avais relevé que la fulgurance du parcours qui en quelques années propulse le fonctionnaire à la 57ème fortune de France, le transfert de personnalité qui transforme l’homme de gauche en hypercapitaliste. J’avais compris que le journaliste faisait de cette réussite foudroyante la récompense méritée de toutes les qualités énumérées à la façon d’une litanie tout au long des 4 pages du dithyrambe :
- expert en montages financiers complexes ;
- « être le meilleur », une règle ;
- grand timide ;
- ne pas être comme les autres ;
- ultrasensible ;
- très forte épaisseur spirituelle ;
- il est religieux ;
- il se sent le devoir d’être juste envers les hommes ;
- brillant élève (Normal Sup., ENA, Harvard) ;
- fidèle à ceux qui ne l’on pas déçu.
On comprenait que l’homme est habile, secret, intelligent, qu’il avait les moyens de satisfaire un bel appétit et que, quoique grand timide, il se prête à l’hagiographie sans déplaisir apparent.
En seconde lecture, à la fin du récit, je n’en savais pas plus. Je n’avais pas appris comment l’ancien de l’ENA, de Normal Sup., rejeton d’une famille modeste, le directeur de cabinet (à 34 ans) de Pierre Bérégovoy, ministre des affaires sociales en 1983 a réussi :
- à créer un fonds d’investissement en 1987 ;
- à racheter Rallye en 1991 ;
- à prendre le contrôle de Casino en 1997 ;
- à s’emparer de Leader Price en 2007.
On nous laisse deviner que le parcours n’a pas été facile, qu’il avait des revanches à prendre. On est soulagé de savoir qu’il a été blanchi d’une affaire d’initiés de la Société Générale en 1988.
Rien ne nous est dit sur la façon dont l’empire a été créé. D’où est venu l’argent ? Quelles ont été les batailles, les trahisons ? Comment en si peu de temps peut-on passer du stade d'employé à celui de propriétaire sans épouser l’héritière ? Par quelle manœuvre boursière ou autre ?
Comment peut-on vivre ses contradictions ? Dire que l’on se sent le devoir d’être juste avec les hommes et de maltraiter ses petits salariés ?
Aucune de ces questions n’est posée et n’a donc pas de réponse dans le papier de Jean-Baptiste Diebold. La curiosité est, chez lui, taboue. Un début d’éclairage est peut-être donné dans le Challenges du 31 janvier par le Droit de réponse de la famille Baud aux accusations de malversation dans la gestion de Leader Price dont Challenges se faisait l’écho. Tout serait faux et relèverait d’une stratégie systématique de dénigrement. Challenges répond sans s’excuser en se plaignant de n’avoir pas obtenu de rencontrer cette famille lors de la préparation du portrait et sans se plaindre d’avoir peut-être servi à une opération de désinformation.
22:20 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Challenges, révolte, Casino, bataille, contradiction, désinformation
24.02.2008
PAS DE CLERC
Les journalistes informent par définition mais sont aussi de grands donneurs de leçons. Ils dénoncent, fustigent et accusent à l’occasion avec l’ardeur de procureurs sans peur ni reproches.
On en voit un à l’œuvre dans le numéro du 31 janvier 2008 du Nouvel Observateur. 4 pleines pages sont consacrées au scandale de la Société Générale et Airy Routier décrit par le détail le scénario de la catastrophe. On y apprend comment le trader a échappé à tous les contrôles et a joué à la hausse dans un marché en baisse. Il termine gravement en soulignant le discrédit qui entache la réputation de la Banque et pronostique l’obligatoire démission du président, responsable suprême des défaillances en série du système de contrôle. Une autre pleine page est consacrée à décrire la chute du symbole qu’aurait été le brillant, brutal, habile et arrogant Daniel Bouton.
Très bien, bravo, quel talent !
Las! Le Nouvel Obs. publie sur son site Internet, le 6 février 2008 un SMS relevant de la vie privée du président de la République qui a déposé une plainte à l’encontre du journal pour faux, usage de faux et recel.
Le journal, dans son numéro du 21 février, fait amende honorable : « Nous aurions dû retirer ce SMS du site ». Il donne la parole à des lecteurs qui expriment vertement leur colère : « journal de merde, journalistes de merde ».
Jean Daniel, la grande âme directrice du journal se désolidarise du journaliste en disant : « si j’avais eu l’information dont Airy Routier (le même que celui qui a fait l’article sur la Société Générale) a disposé, je me serais empressé de m’en détourner ».
On constate donc que cet hebdomadaire laisse passer une information alors même que sa réglementation l’interdisait : « notre charte interne stipule que nous sommes tenus : au respect de la dignité des acteurs de la vie publique ».
Mais il s’en excuse en ajoutant que, sur le site Internet du Nouvel Obs., les instances d’arbitrage et de filtres sont moins nombreux que pour la fabrication du magazine papier.
Le Nouvel Observateur, par manque de contrôle interne laisse commettre à l’un de se principaux journalistes, le rédacteur en chef du service «Enquêtes» une erreur. Il s’en excuse, promet que cela ne se reproduira pas.
On remarquera que :
1/ Le Nouvel Obs. a une surveillance interne non fiable, qui permet à chacun de faire ce qui lui plaît ; sa qualité est identique à celle de la Société Générale dont il se gaussait quelques jours plut tôt sur 4 pages ;
2/ Le directeur, responsable du magazine, n’a pas présenté, lui, sa démission ;
3/ Le Nouvel Obs. s’exonère du discrédit en rejetant la responsabilité sur l’autre, la victime, par la voix de Jean Daniel qui dit dans un éditorial : « C’est précisément parce qu’il [Sarkozy] faisait tout pour nous entraîner dans son univers qu’il ne fallait pas s’y laisser conduire ».
Gérer une banque, un journal, une église, un hôpital, un état n’est jamais facile. La défaillance prend d’autant plus de relief, d’éclat que le coupable est censé être comptable de notre argent, de la vérité, de notre conscience, de notre santé, de notre vie.
La faute devient insupportable, intolérable car elle ébranle le fondement de ces grandes institutions : la confiance.
Le journaliste occupe une place privilégiée - à côté du banquier, du prêtre, du médecin, du ministre - et qui fait la grandeur du métier. Il est celui qui rend compte, qui fait connaître ce qui se passe d’important, de vital pour que le corps social soit conscient des courants, des évènements qui l’agitent. On réclame donc de lui des qualités exceptionnelles : humanité, perspicacité, moralité, objectivité, courage, intégrité, humilité. Chacune de ces exigences est, je l’espère, détaillée dans les écoles de journalisme comme elles devraient l’être dans toutes celles où l’on apprend à éduquer, à soigner, à gouverner, à juger, à prêcher.
Comment s’étonner que là comme ici la réalité soit loin du rêve et que la paix soit armée et la guerre larvée partout, toujours ?
21:15 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Journaliste, magazine, SMS, président, contrôle, erreur
09.01.2008
PORTRAIT À L’EAU DE ROSE
Esprit volontiers critique, je suis comblé plus que je ne voudrais par la lecture des journaux, des magazines. L’une des causes de cette irritation est la forme hagiographique dont habille souvent son article le journaliste chargé de présenter une vedette du moment. On a l’impression de lire une publicité rédactionnelle écrite par un spécialiste du marketing promotionnel. J’ai souvent ce sentiment en lisant le portrait d’un cinéaste, d’un acteur, d’un écrivain – surtout s’il est américain car alors c’est l’extase. Dans Challenges, un grand de la politique, de l’usure, du négoce a souvent droit à son portrait. Jamais méchant, souvent balancé, il est parfois édifiant, saint-sulpicien et prend les dimensions d’une Ode au grand homme.
Le 3 janvier le président de Vivendi était à l’honneur et sous la signature de J.-P. de la Rocque on apprend, ébahis, admiratifs, contents pour lui, pour nous, que l’homme:
- est un mélomane doté de l’oreille absolue ;
- est skieur émérite ;
- est parfaitement bilingue (bien que s’en défendant car modeste) ;
- est un homme capable de vous désosser un dossier comme personne et doté d’un sens du commandement ;
- a une profonde indépendance d’esprit ;
- est peu carriériste ; est reconnu pour sa compétence, sa loyauté, sa fiabilité ;
- maîtrise les dossiers les plus techniques et son sang froid en toute circonstance impose le respect ;
- comme nombre de ses camarades de l’X, il sait pousser jusqu’à la limite une machine intellectuelle bien huilée ;
Avec de telles qualités il s’impose de façon magistrale.
Le tableau est complété, pour ceux qui ne seraient pas convaincus, par le témoignage de quelques amis qui disent tout le bien qu’ils pensent de lui.
Peu de temps après, nous commencions la trilogie de Stieg LARSSON (Millenium). Roman policier dont il est difficile de se détacher, le premier tome de la série est aussi la dénonciation d’un certain journalisme économique suédois que l’auteur paraissait bien connaître. Il fait de son héros le porte-parole d’une critique très virulente et il ne cache pas le mépris que lui inspiraient ses confrères (l’auteur était lui-même journaliste). Pour lui les analystes économiques suédois étaient, ces dernières années, devenus une équipe de larbins incompétents, imbus de leur propre importance et totalement incapables de la moindre pensée critique. Beaucoup de paragraphes sont de la même veine et enfoncent le clou. LARSSON n’aurait certainement pas pu écrire les mêmes horreurs sur la presse économique française dont la haute valeur morale, l’intégrité intransigeante, l’indépendance absolue vis-à-vis des puissances ne soulèvent aucun doute. Il faut être un mauvais esprit comme moi pour sursauter au portrait en forme de dithyrambe d’un tycoon vedette - pour le moment - du CAC 40 et être mal intentionné pour y trouver une certaine ressemblance avec ce qui mettait en colère Stieg LARSSON.
21:00 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Esprit critique, publicité, portrait, édifiant, Millenium, larbin
05.01.2008
L’OTAGE-ALIBI
Vers 13 h 10, tous les jours sur EUROPE 1, Frédéric BONNAUD se déchaîne contre Nicolas SARKOZY. Sa chronique, annoncée comme « Politiquement incorrecte » par le meneur de jeu est débitée avec le ton, la verve habituels aux humoristes du moment. Mêlant le sarcasme, la calomnie, le potin à l’analyse politique souvent pertinente il ridiculise, fustige, dénonce avec une constance obsessionnelle le président. Parfois il admoneste la gauche, pour mémoire.
La répétition rend la dénonciation lassante et prévisible. C’est dommage car le polémiste, en politique, est un esprit original, nécessaire, dès lors que sa colère est celle d’un homme libre. C’est là que le cas BONNAUD devient intéressant, exemplaire.
D’un côté, vous avez une radio, EUROPE 1 qui, parce que son propriétaire a affiché une amitié fraternelle avec le nouveau président, que son directeur étiqueté à droite est très présent à l’antenne, est accusée d’être inféodée au pouvoir au point d’être appelée radio Sarko. Comment se défaire de cette réputation qui éloigne la clientèle de gauche ? Un media vivant de la publicité ne peut se le permettre.
De l’autre côté, il y a Frédéric BONNAUD, qui a été décrété l’homme de la situation. Celui qui, en attaquant Nicolas SARKOZY pour ce qu’il est, ce qu’il paraît, ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas allait montrer qu’ EUROPE 1 était une radio libre, indépendante, courageuse et qui ne craignait pas le crime de lèse-majesté.
On peut imaginer le cahier des charges qui a accompagné son recrutement : « Votre mission est de plaire aux auditeurs qui ne votent pas SARKOZY, qui n’aiment pas SARKOZY, qui le haïssent. Vous devez entretenir, fortifier leurs sentiments afin qu’Europe 1 leur apparaisse comme étant aussi leur radio. Vous avez carte blanche ».
Dans ce marché, je me demande si Frédéric BONNAUD a gardé sa liberté, s’il n’est pas devenu un otage (consentant) et s’il pourrait un jour prendre ses commanditaires à contre-pied.
Je ne sais pas si la manœuvre a réussi, si Europe 1 s’est refait des amitiés à gauche et perdra son surnom. Mais deux perdants sont déjà connus :
- l’auditeur qui est manipulé ;
-- le polémiste qui est instrumentalisé.
18:40 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chronique, polémiste, EUROPE 1, SARKOZY, liberté, manipulé, instrumentalisé
18.12.2007
UN NOUVEAU JOURNAL PAR UN NOUVEAU JOURNALISTE ?
Edwy PLENEL, ancien rédacteur en chef du Monde a lancé le 2 décembre sur Internet un nouveau journal. Il en présentait la philosophie sur France-culture il y a quelques jours. Son discours est, comme toujours, intéressant, avec une dialectique péremptoire mais convaincante. Il dénonce avec force et exemples à l’appui les compromissions journalistiques liées à la collusion des médias écrits, parlés, télévisuels avec le grand capital (DASSAULT et le Figaro, LAGARDÈRE et Europe1, Paris-Match, BOUYGUES et TF1. Il oublia Libération et un ROTHSCHILD). Lui, se voit comme un journaliste sans peur ni reproche. Il concède avoir pu faire preuve d’un certain autoritarisme dans le passé mais qui ne pourra s’exprimer dans cette nouvelle expérience car ce sera un journalisme horizontal où chacun gardera sa liberté. Promis, juré. Cette profession de foi sonne vrai. On sent derrière les mots un esprit affûté, maître de sa parole et disant les mots que l’interlocuteur s’attend à entendre de la bouche d’un journaliste honnête, courageux, désintéressé, étranger à toute idéologie, à tout sectarisme, à tout mensonge, à toute pression.
Le problème avec Edwy PLENEL est que son passé augure mal de l’avenir. Son discours dénonciateur rempli de promesses, de prouesses me rappelle étrangement celui de tous les hommes politiques en campagne électorale ou dans l’opposition. Le ton, la conviction, l’enthousiasme sont les mêmes. Ils promettent tout ce qui peut séduire : plus de travail, de sécurité, d’éducation, la fin des déficits, la hausse des salaires, la fin des inégalités, de la précarité. Le programme est, certes, grandiose mais ils en ont la volonté, le devoir, etc.
Malheureusement, comme pour Edwy PLENEL, leur capacité a déjà été expertisée. Ils sont déjà en situation de faire ce qu’ils promettent et ils ne l’ont pas fait. Comment croire des menteurs ?
Edwy PLENEL a été le patron de la rédaction du Monde pendant longtemps. Il a voulu en faire un journal d’investigation capable de dénoncer les scandales politiques, financiers, policiers. Le moyen a été une collaboration avec des services de police dont il s’était fait le héraut et en étant le porte-voix de juges d’instruction en mal de publicité. Peu regardant sur la fiabilité de ses sources d’information, le Monde d’ Edwy PLENEL s’est fourvoyé à plusieurs reprises dans des scoop fabriqués et a attisé des feux de paille où des innocents se sont brûlés. La méthode de PLENEL et de COLOMBANI fournit à PÉAN et COHEN la matière d’un livre réquisitoire qui fut un coup de tonnerre dans le monde médiatique car il attaquait l’icône de la presse et ses deux grands prêtres. Ces derniers crièrent à l’attentant, à la cabale, au règlement de comptes et saisirent la justice. Après quelques semaines de réflexion, leur fureur devint raisonnable et ils retirèrent leur plainte. Ils renoncèrent à prouver que PÉAN et COHEN avaient menti. Un pacte de silence fut signé et la discorde enterrée. Le coup avait porté et le journal ne retrouva pas son lustre d’antan. Il ne reste de référence que pour quelques journalistes de France-inter et de France 2. PLENEL lui n’arrive pas à se débarrasser de ce souvenir encombrant et conserve toute son ire pour ces infâmes qui ne croient pas à sa vertu.
Cela montre, pour moi, qu’ Edwy PLENEL n’est qu’un politicien comme un autre et qu’il alterne, comme eux, profession de foi avec main sur le cœur et Real Politik. Il le fait avec le même aplomb cynique qui désarme la critique et réussit à faire croire que ce sont les circonstances qui dictent la couleur de la vérité.
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14:35 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Edwy PLENEL, MONDE, Internet, réquisitoire, politicien
08.12.2007
Nouvelles du journal Le Monde
· les recettes publicitaires continuent de décliner car les annonceurs se détournent de la presse écrite pour l’Internet ;
· la dette de 140 millions d’euros sera réduite de moitié par la vente du Midi Libre mais les seuls frais financiers sont supérieurs au résultat opérationnel ;
· le Monde Diplomatique, la presse pour enfants sont déficitaires ;
· la seule location de l’immeuble du siège, Boulevard Blanqui dans le 13è, coûte 7 millions d’euros par an et plombe la trésorerie ;
Cette situation est intenable et conduit à la faillite si rien n’est fait. Les mesures sont prévisibles et il suffit de se rappeler ce qui s’est passé à Libération :
- licenciements massifs. Les salariés savent ce qui les attend et ont débrayé le 3 décembre ;
- la nouvelle charrette devra être encore plus importante que celle de 2005/2006 (130 départs) ;
- vente probable des pépites qui rapportent de l’argent. Télérama après le Midi Libre devrait apporter un ballon d’oxygène ;
- arrivée de nouveaux capitaux avec de nouveaux capitalistes mais, que restera-t-il de l’indépendance éditoriale du journal ?
L’avenir du Monde est sombre. La direction dit le contraire et veut rassurer le personnel en ne prévoyant aucun licenciement. Provocatrice, inconsciente, irresponsable au moment même où les nuages noirs arrivent,elle s’octroie quelques avantages : revalorisation de la prime de logement du président du directoire, un mal-logé sans doute, et augmentation de 55% du salaire du directeur, Eric FOTTORINO, cette conscience éclairée, ce romancier à succès.
Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien…
19:35 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Monde, déficit, économie, faillite, salaire
30.10.2007
LA LOI DES TROIS L
Le dimanche qui suivit la finale de la Coupe du Monde de Rugby, parce que la presse épiloguait sur la défaite de l’équipe de France et Bernard Laporte, Yvan Levai s’amusait à relever les opinions diverses sur l’entraîneur. Fort justement il cita longuement Jacques Camus, éditorialiste de la Nouvelle République qui ironisait avec esprit sur les journalistes qui, après avoir encensé B. Laporte, l’accablaient. Jacques Camus s’étonnait de ce revirement tardif et l’expliquait par la loi des trois « L » :
1ère étape : L comme « léchage » : avant la coupe du Monde, adulation, commentaires flatteurs, articles innombrables à la gloire du grand homme.
2ème étape : L comme « lâchage » : la victoire n’est pas au rendez-vous, exit le grand homme qui disparaît des journaux.
3ème étape : L comme « lynchage » : la France est à une piteuse 4ème place, elle qui s’était vue au pinacle. Il faut trouver une raison à cet échec. L’entraîneur est, comme dans tous les sports, le responsable idéal. Bernard Laporte sera le bouc émissaire. Il cumule toutes les raisons de se faire haïr. Beau parleur avec accent, ayant réponse à tout, il serait riche, mais affairiste, aux fréquentations douteuses, spécialisé en affaires louches, aux prises avec le fisc et, cerise sur le gâteau, il sera bientôt ministre. Insinuations, calomnies, désinformation, tous les ingrédients d’un certain journalisme qui n’a pas peur de montrer son abjection, de retourner sa veste, de donner des coups de pied à l’homme meurtri. L’Équipe ce journal sportif à grand tirage - et que l’on aimerait fair play – se distinguait dans cette curée par une inspiration de bas étage. J. Camus terminait son éditorial en ajoutant un 4ème L comme lâcheté.
Merci à Yvan Levai d’avoir centré son kiosque sur une certaine presse.
21:35 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rugby, entraîneur, journalistes, léchage, lâchage, lynchage, lâcheté.
07.10.2007
LE SUCCÈS FAIT MIEUX VENDRE QUE L’ÉCHEC (Suite)
Je m’étais étonné que les échecs de l’expatriation aient été ignorés. La lacune est partiellement réparée puisque dans son numéro du 4 octobre Challenges nous apprend que « les Français déchantent au Québec ». Les difficultés s’additionnent pour ceux qui pensaient pouvoir y travailler, y vivre, s’y soigner. La quarantaine d’ordres professionnels verrouillent l’accès aux professions et sans diplôme canadien on ne peut exercer. Il faut reprendre les études, changer de métier ou travailler de façon clandestine.
Les problèmes sont aussi relationnels avec les canadiens et se soigner n’est pas très simple. Le système de santé canadien n’est plus ce qu’il était et est classé à un médiocre 30ème rang mondial par l’OMS.
Le consulat français à Montréal estime qu’un français sur deux rentre après quelques années. On ne sait pas combien rentrent au bout de quelques mois.
Le souci d’objectivité est plus net que lors du précédent article. On peut regretter son imprécision et l’absence de témoignage de l’un de ces français parti plein d’espoir et revenu déçu. Son expérience m’intéresse plus que celles qui nous avaient été contées à la façon d’un film hollywoodien.
Pourquoi se limiter au Québec ? La Belle Province et un mauvais exemple. On y parle français, il y a une petite parenté et on peut l’espérer un préjugé pas complètement défavorable pour les cousins français, et la mentalité n’y est qu’à 99% américaine.
Mais qu’en est-il des USA, de l’Australie, ces soi-disants paradis pour les expatriés ? Les obstacles à y travailler, à y vivre, à s’adapter à un art de vivre aux antipodes du nôtre, à la déification de l’argent, à la rudesse des rapports sociaux, à l’amabilité fondée sur l’intérêt, à des climats où se succèdent dans la même année – avec des amplitudes que l’on n’imagine pas – les cyclones, les inondations, la sécheresse, les incendies.
Mais de tout cela, n’en parlons pas, c’est trop politiquement incorrect, doit-on se dire à Challenges.
21:45 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expatriés, Québec, retour, paradis
13.09.2007
LE MONDE TOUJOURS ET ENCORE
Je salue cette fidélité, cette amitié et le courage de les proclamer dans ces temps difficiles pour J.-M. COLOMBANI. La réponse faite par Marc et Alfred GROSSER dans le courrier des lecteurs du dernier numéro de Challenges aux louanges de V. BEAUFILS est intéressante parce qu’elle résume quelques uns des reproches que l’évolution du Monde sous la tutelle de J.-M. COLOMBANI a suscité. Ils ont d’autant plus de force qu’Alfred GROSSER, professeur, collaborateur de longue date au Monde est bien placé pour apprécier l’état du journal, ses dérives. Le réquisitoire est sévère :
« Vous passez sous silence :
- l’engagement pro-Balladur de 1995 de tout le journal ;
-la volonté de créer l’information et non de la rechercher (période de PLENEL)
- la situation économique catastrophique du journal malgré le siphonage de la trésorerie du groupe PVC ;
- l’endettement du journal et donc sa perte d’indépendance ;
- l’utilisation du journal par MINC qui ne fait jamais rien sans attendre des contreparties
- …/… »
Il faut espérer que la nouvelle équipe de direction refera du Monde un journal fiable et viable.
17:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Challenges, Le Monde, Alfred Grosser
25.08.2007
La philosophie du Chasseur Français : titre de la page de couverture : "Nuisibles, en venir à bout"
Monsieur,
Vous m’adressez un exemplaire-test du Chasseur Français pour m’inciter à m’y abonner.
Malheureusement votre titre et la photo de couverture traduisent trop bien la philosophie de votre revue pour qu’elle puisse susciter la moindre envie.
Vous déclarez en effet la guerre à ce que vous appelez des « nuisibles » selon une terminologie d’un autre âge, d’une autre époque. Pour vous la martre, le lapin, le putois, la taupe, la corneille et autres corvidés sont des bestioles à éradiquer parce qu’ils pilleraient les élevages, ravageraient les cultures, voleraient des fruits et commettraient quelques autres larcins.
Ainsi ce sont des animaux indésirables pour vous qui vous proclamez par ailleurs ami et respectueux de la nature.
Est-ce de la démagogie, de l’inconséquence ou simplement de la bêtise ?
Les seuls nuisibles que je connais dans la campagne sont le chasseur et le paysan.
Le premier parce qu’il pollue la nature de ses cris, de ses coups de fusil et de ses crimes, lui qui assassine tout ce qui bouge pour satisfaire, selon vous, son amour de la vie sauvage mais en fait pour donner libre cours à sa haine de ce qui est plus beau que lui.
Le second, qui n’a de cesse de polluer l’eau de mon puits par ses engrais, l’air que je respire par les odeurs de lisier qu’il produit et répand en quantité industrielle et l’eau, l’air, la terre par sa chimie imbécile avec laquelle il inonde ses cultures. Le pourcentage de cultivateurs intelligents, responsables est trop infime pour compenser la multitude des autres. Je ne parle pas du massacre des haies qui se poursuit.
Voilà ce que je vis dans mon coin de campagne. Et vous, vous en rajoutez en demandant en plus qu’on extermine les « nuisibles » ! Mais ils ont déjà disparu, soyez rassuré. Je n’ai jamais rencontré de martres, de putois. Même les lapins sont rares. J’aimerais partager avec eux les fruits de mon verger et ils ont autant le droit que vos amis chasseurs de chasser. Eux, c’est pour vivre et non par sadisme.
Voilà ce que je pense de vous et de votre revue.
Sentiments attristés,
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15:40 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nuisibles, massacre, chasseurs, pollueurs, paysans








