18.09.2007

UN SPORT DE GENTLEMEN, VRAIMENT ?

Ainsi l’équipe de France a retrouvé sa popularité parce qu’elle a réussi l’exploit d’écraser les Namibiens samedi soir à Toulouse. Cette prouesse aurait réhabilité notre équipe piteusement battue par les Argentins.

Quelle valeur peut-on attribuer à cette victoire ?

Énorme à en croire les commentateurs radio écoutés lundi matin.

Aucune pour moi et j’imagine pour beaucoup si l’on tient compte de la valeur intrinsèque de l’équipe de Namibie, habituée à être pulvérisée dans les rares matches internationaux qu’elle dispute.

L’enthousiasme – de commande – des commentateurs est surtout ridicule car sans rapport avec une réalité inquiétante pour les Français. Ils bénéficiaient de deux avantages qui relativisent ce succès :

-          jouer devant leur public enflammé, enthousiaste

-          jouer contre une équipe réduite à 14 au bout de quelques minutes de jeu par l’expulsion de son meilleur joueur.

Rêvons d’un autre scénario. Le XV de France décide de jouer à armes égales en se privant d’un joueur pour garder au match son équilibre, sa dignité.

Le geste aurait eu du panache, de la classe et montré que le rugby est vraiment le sport de gentlemen que les rugbymen revendiquent.

C’est un rêve car le monde sportif est à l’image de la politique, de la finance, de l’information, de la guerre, de l’industrie, de l’agriculture. Tous les moyens sont bons pour gagner :

-          des électeurs (diabolisation de l’adversaire, calomnies, mensonges)

-          de l’argent (spéculation)

-          des lecteurs (désinformation, pornographie)

-          la guerre (tapis de bombes, mines antipersonnel, napalm…)

-          des parts de marché (délocalisations)

-          des rendements (pollutions en tout genre, transformation des herbivores en carnivores)

Pourquoi les sportifs feraient-ils exception ? Le sport est banalement devenu leur commerce. Gagner est synonyme d’argent, de gloire. Tout est bon : tricherie, dopage et ce que l’on a vu samedi à Toulouse. La tristesse, la honte est que cela se fait partout et toujours sous les applaudissements.