08.05.2008
Enfin une bonne nouvelle : les hirondelles sont de retour
Fin août dernier, nos deux couples d’hirondelles étaient partis dans la pluie, le vent, le froid pour le Sud, abandonnant les oisillons de leur troisième nichée. Les circonstances de départ nous avaient laissés inquiets.
Courant avril elles étaient de retour. Plus nombreuses car c’est 4 couples qui nous ont rejoints. Elles ont déjà fini de restaurer les anciens nids. Avec la chaleur et l’explosion du plancton aérien, elles ont repris possession du ciel. Virtuoses de la voltige, elles feraient pâlir de jalousie la patrouille de France. Dès qu’elles se posent sur un fil électrique, le rebord d’une gouttière, leur babillement remplit l’air. Que de choses à dire ! Comme on voudrait les comprendre ! Leur énergie, ardeur, joie de vivre, leur élégance font des autres oiseaux familiers : mésanges, moineaux, rouges-gorges, bergeronnettes des spectateurs bien sages, des picoreurs laborieux aux envolées limitées au plus court, rectilignes, saccadées. Ils n’ont rien de commun avec ces étoiles filantes, venues d’ailleurs, s’activant entre deux voyages au long cours. Elles paraissent aussi contentes de nous voir, ces enchantées, que nous le sommes de leur présence, nous, les enchaînés.
__________
21:09 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Hirondelles
25.08.2007
Hirondelles, hirondeaux
Chaque année, j’attends le retour des hirondelles avec impatience et inquiétude. Aurons-nous encore le plaisir de leurs cris, de leur sarabande, de leur virtuosité, de leur dynamisme, de leur beauté.
Elles furent deux couples à revenir s’installer, à prendre leur aise, à accepter notre présence : l’un dans l’atelier, l’autre dans la grange. L’année dernière elles étaient plus nombreuses (5 nids). Les pertes lors de leur terrible voyage dans le sud sont énormes. Combien d’aventures, d’orages, de tempêtes, de souffrances ont-elles subies ?
Les rescapées qui reviennent sont des héros, des héroïnes dont les exploits surpassent tout ce que l’on peut imaginer.
Nos deux couples eurent deux nichées menées sans encombre. Une troisième fut mise en route début août et, mardi, ils étaient 4 petits becs dans mon atelier qui réclamaient encore avec impatience et vivacité leur pitance. Les parents répondaient comme d’habitude à leur fringale. Je m’absentai de mardi midi à mercredi soir. A mon retour, un hirondeau était au sol, mort. Je voyais encore des becs noirs dépasser du nid mais aucun ne bougeait.
Jeudi matin je me suis rendu à l’évidence. Il n’y avait plus d’hirondelles dans le ciel. Les oisillons dans le nid étaient morts, de faim, de soif, de froid. Dans la grange j’en découvris 2, également morts. Les parents avaient pris déjà le grand départ, poussés par une nécessité plus forte que le besoin de nourrir les jeunes encore au nid. Il leur manquait peu pour le premier vol car les trois semaines d’élevage étaient presque terminées. L’abandon du nid, des jeunes par les hirondelles au moment de la migration est classique mais en faire le constat soi-même rend triste et rappelle la dureté de la vie sauvage.
On peut aussi craindre le pire pour les hirondelles adultes et jeunes qui sont parties ces jours là car le temps était exécrable avec pluie, vent et refroidissement. Ces conditions climatiques sont les pires pour commencer un vol au long cours. Comment se nourrir car les insectes volants dont ils se nourrissent disparaissent de l’air et où se protéger en pays inconnu, hostile ? L’hécatombe a déjà commencé. Combien reviendront partager notre vie pendant plusieurs mois en 2008 ?
__________
15:35 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hirondelles, migration, abandon, tristesse









